Après Guerre


 

1945, la fin de la guerre ! Monsieur Demoustier est pensionné. Lui succède un jeune instituteur, JEAN DEMOUSTIER

Et sans doute pour ne pas confondre avec son prédécesseur qui fut son instituteur et que tout un chacun appelle "Monsieur Demoustier", très vite il est appelé "Monsieur" tout simplement.

Il s'occupe d'abord de la classe des garçons mais en 1948, après que Mme Cordier ait pris sa retraite, l'école devient mixte. Il s'occupe alors des plus grands. Madame Simone Brohet, se voit confier les plus jeunes.

 

"...Fidèle à sa circulaire programme dans laquelle il promettait d'accorder toute son attention à l'enseignement officiel donné dans notre village, Le Collège Echevinal, en accord avec l'Inspection Scolaire, vient de prendre les décisions suivantes:

- Création de deux classes mixtes : l'institutrice sera chargée de la classe gardienne et du degré inférieur; l'instituteur, des degrés moyen et supérieur..."(circulaire communale du 1er septembre 1948).

 

Est-ce pour fêter cet évènement que Monsieur Jean Desorbay, bourgmestre fait réparer "MARGUENNE" la cloche  ?  Avec un battant tout neuf, fabriqué par G. Foulard, elle reprend du service.

Une nouvelle époque cet après-guerre !

Une plus grande ouverture sur le monde extérieur...

 

Qui ne se souvient de ces émissions scolaires de la T.S.F. écoutée dans un silence religieux ? De ces voyages scolaires annuels où élèves et parents partaient à la découverte des Ardennes, de la mer, de Reims, de Compiègne, de Spa, d'Anvers....?

De ces correspondances engagées avec les élèves de l'école de Fontenoille, petit village perdu au fond des Ardennes ?

Et les distributions des prix organisées alternativement dans chacun des deux salons "concurrents" du village ? Quelle fierté pour les enfants de présenter leurs petits spectacles dans des costumes souvent fabriqués par les enseignants durant de longues soirées !

Joie pour les parents et fierté aussi, bien légitime des enseignants qui ont passé de longues heures à motiver, à expliquer, faire répéter....

N'oublions pas la patience des pianistes qui d'année en année ont accompagné nos jeunes artistes : Gaston Delespesse, Jacqueline Piret et Gisèle Fourneau, l'épouse de Jean Demoustier.

 

La découverte aussi des problèmes sociaux plus particulièrement ceux liés à l'enfance.

C'est ainsi que systématiquement, chaque année, Jean Demoustier sensibilise les enfants au problème de l'enfance abandonnée, se souvenant de son court passage comme instituteur au Home Rolland de Mons. L'œuvre grandiose de l'UNICEF est également souvent évoquée et les enfants participent aux différentes actions qui sont menées pour ce mouvement dans le village.

Monsieur Jean Demoustier entretient également une correspondance avec un chercheur anglais dont le rêve est de mettre à nu les vestiges gallo-romaine qu'il dit être enfouis dans les profondeur du sol de Sars-la-Bruyère.

Souvent, il enseigne à quatre années à la fois et, pour arriver à ce que le temps soit profitable pour tous, il invente des systèmes d'apprentissage individualisée, chaque enfant suit ainsi le programme à son propre rythme.

"...Monsieur Demoustier est une excellent maître, travailleur et consciencieux..." (Inspecteur Cantonal - 1960)

 

"Madame Simone" quant à elle, déploie des trésors de patience pour apprendre les plus petits à lire et à écrire. Il y a aussi les cours de coutures suivis avec plus ou moins d'entrain par l'ensemble des filles.

Les deux, à des degrés divers, participent très activement à la vie du village. "Monsieur" est membre de plusieurs associations locales, remplace le secrétaire communal.

"Madame Simone" accompagne très souvent son mari, bourgmestre, dans toutes ses obligations gaies où triste.

Vers 1950, le Conseil Communal, après de multiples démarches obtient l'autorisation d'ouvrir une classe gardienne.

Après le passage de plusieurs intérimaires, notamment Madame Letor, Jeanine Finet épouse Declercq est nommée en 1952.

Cette classe gardienne est hébergée pendant de longues années dans l'ancienne maison communale. Dans ce local, on trouve aussi le vieux poêle rond au duquel les plasticines ramollissent...lentement ! pendant que "Madame Jeanine" fait chanter sa petite troupe en s'accompagnant de son violon.

Les locaux se dégradent maintenant de façon accélérée

Salles de classes

- les classes ne comportent pas de couloir où de corridor et les portes d'entrée sont exposées au vent du nord.

- les solives étant en partie détériorées par l'humidité ont été renforcées mais mais présente un danger

- une cloison en bois sépare les 2 classes

- éclairage électrique insuffisant

- aération insuffisante - seuls de petites vasistas permettent la ventillation

Vestiaires

- inexistant. des porte manteaux se trouvent à l'intérieur des classes

Dépendances

- préau : néant

- cour : pierreuse, Traversée dans toute sa longueur par une rigole dont les pavés ne sont pas égalisés et font saillie par endroit.

- lieux d'aisances: en très mauvais état - menacent ruine - tout à fait insalubre..."

( extrait d'un rapport d'état des lieux fait par Jean Demoustier, instituteur.)

 

De plus en 1959, on se trouve particulièrement à l'étroit lorsqu'une troisième classe est ouverte vu le nombre d'élèves.

La classe gardienne voyage beaucoup !

Madame Béatrice Debrue épouse Bisous assure cet intérim pendant quatre ans.

On lui confie le degré moyen, et cette dame régente ménagère de formation, s'adapte rapidement à ce petit monde...

Ses élèves se souviennent avec joie des notions pratiques de cuisine qu'elle aimait donner de temps à autre et qui viennent parfois bien à point pour faire rentrer dans ses jeunes têtes des notions plus abstraite.

"... Moi, c'est en pesant des caramels que nous venions de fabriquer que j'ai compris ce que c'était d'un kilo, d'une livre, d'une demi-livre..."

C'est grâce à elle que j'ai acquis le mécanisme des fractions !

Quand madame Béatrice apportait une bonne tarte aux prunes et qu'elle la divisait en deux puis en quatre, puis en parts de plus en plus petites, on spéculait sur la grandeur du morceau qu'on allait pouvoir manger et on comprenait ce que c'était d'un huitième, deux seizièmes..."

 

Les temps modernes La nouvelle Ecole

 

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