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La Ducasse " Lambert "

Ducasse de multiples fois centenaire et dont personne jusqu'à ce
jour, n'a pu établir l'origine avec exactitude.
Elle
coïncide avec la fin des moissons, moment très important dans ce
village autrefois â vocation exclusivement agricole.
Elle
se terminera en apothéose avec la crémation de ce Lambert que la
majorité des Sarrois ne voudraient rater pour rien au monde.
Lambert, ce bonhomme, confectionné dans la joie avec la paille de la
moisson des jours précédents, est tout d'abord promené dans les rues
en faisant de nombreuses haltes pour s'abreuver bien sûr mais aussi
pour laisser le temps aux vieux, aux impotents d'aller " quand mêm
el voir â I' ferniet "
Même si ces dernières années, il se déplace en char et en
tracteur, il n 'hésite pas à en descendre pour entrer dans l'une
ou l'autre maison où l'attend " el plus vieux " " el plus malad'"
qu'on a fait beau pour la circonstance...
Témoin
silencieux de toutes ces larmes douces-amères versées avec pudeur sur la
vie qu'on laisse derrière soi et la satisfaction de l'avoir encore vécu
" c' t'année-ci ", il est le véritable " maître du temps " de ce
village.
Spectateur privilégié aussi de tous les spectacles, de tous
les
moments de joie et de défoulement de la kermesse car, après son unique
ballade, il ne quittera plus le podium jusqu'à l'instant suprême...
Il y est
tellement présent que bon nombre d'artistes, musiciens, chanteurs,
danseurs, travestis ... l'incluent naturellement et en font un
personnage à part entière dans le déroulement de leurs numéros à la
grande joie du public.
D
'aucuns ont déjà bien sûr essayé de le distraire du sort qui est le sien
en le kidnappant pour le cacher dans le donjon tout proche voire en le
conduisant faire la bombe sur la Grand-Place de Mons rendant les
organisateurs malades de honte lorsqu'un petit malin leur demande mine
de rien " mais à iu s'qu'il est Lambert ? " Mais toujours il est présent
quand arrive le moment fatidique.
Il a été
créé pour une existence éphémère, pour signifier la fin :
- d'un moment (la moisson ?)
- d'une époque (n'est-il pas aussi un bandit de grands chemins proche
de Moneuse ?)
- d'un malheur (n'est-il pas plutôt le " sot " du village? Où un
sorcier. ?
Nul ne le sait mais tous espèrent " El brûlach de Lambert ".

Car
lorsque la " musique de Lambert " venue d'on ne sait où retentit, un
frisson parcourt l'assemblée et un long cortège silencieux quitte le
chapiteau pour accompagner le bonhomme jusqu'au lieu de sa
crémation.
Les flammes s'élèvent dans la nuit. Les rondes se forment et
tournent tantôt lentement et se stoppent, laissant les Sarrois genou
à terre et larmes aux yeux avant de forcer le rythme jusqu'à la
course en riant aux éclats selon le rythme imposé par la musique.
Alternance de mélancolie et de joie, il est vraiment question de
rituel qui prend figure d'initiation pour les centaines de
spectateurs attentifs et envieux. Celui qui ose quitte le vaste
cercle des " rwétants " pour s'inclure dans le groupe des initiés
est salué avec joie ...

Le
bonhomme s'effondre, les flammes gagnent en volume et en force.
Brièvement cependant.... C'est la fin….
Désormais les rues seront plus vite désertées et les volets plus vite
clos.
Mais
après l'hiver reviendra le printemps, nous en sommes tous certains.
C'est pourquoi, les dernières mesures jouées seront toujours " le
passage rapide " qui permettra à une longue chaîne humaine de revenir
sous le chapiteau pour y danser à la gloire de la Vie, tout simplement.
" Sars ne meurt pas, Sars vivra... "
Vinciane
Demoustier, Secrétaire du Comité d'Animation de Sars-la-Bruyère

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