L' école de Sars-la-Bruyère

Il y a plus de 150 ans


Les premières traces d'une école à Sars remontent à 1738

Un clerc tient alors la classe du 15 novembre au 15 mars. Il est payé pour enseigner au enfants pauvres. La somme qui lui est allouée chaque année est calculée en fonction du nombre d'enfants qui fréquentent le cours.

Louis Demoustier reçoit en 1740, 15 livres d'indemnité.

Gilles-Joseph Demoustier tient l'école de 1752 à 1769.

La Maison d'école appartient à la commune qui l'entretient. On sait qu'il a fallu dépenser 30 livres 10 sols pour couvrir l'école de paille en 1752.

Pendant l'année 1789-1790, 23 enfants pauvres fréquentent l'école.

Au début du XIXème siècle Pierre-Joseph Vilain clerc laïc est remplacé par Alexandre-Joseph Samain aussi clerc laïc.

En 1834, suite à de nombreuses plaintes de la population et à la défection des élèves (plus que 6), l'administration communale le somme de quitter le local et nomme Lucien Pichon, instituteur communal.

   Lucien Pichon avait ouvert, en 1830 une école privée qui recueillait beaucoup de succès.....

"••• considérant que depuis quelques années, le dit Samain ne jouissait plus de la confiance des habitants pour y donner l'instruction de leurs enfants suite à de mauvais traitements (frappant sur les élèves aves les clefs de l'église....)

 

De 1834 au "Règne" des Cantinieaux

La période de transition

Dès sa nomination comme instituteur Lucien Pichon adjoint à ses classes un cours d'adultes, fréquenté le soir par les jeunes gens, moyennant une légère rétribution.

Cet instituteur, d'une conduite exemplaire, zélé, partira professer à Aulnois en 1840. Le traitement y était-il plus élevé ? où a-t-il été ennuyé par la décision  du 14/8/1839 qui dit que " le bâtiment servant d'école doit être démoli pour cause de vétusté".

"••• depuis 1830 l'école était une maison en terre et de briques, couverte de chaume et situé à coté de l'église. Quatre murs nus, de petits bancs sans dossier ni case, pas de tableau ni de cartes. Une modeste planche noire et quelques modèles d'écritures.

Pour écrire, les enfants posaient sur leurs genoux leur casette en bois qui servait de pupitre. Quant à l'encre, elle était fabriquée avec des grains noirs de fusain, cueillis le long des haies et que l'on faisait bouillir...."

Le retour d'Alexandre-Joseph Samain, rappelé à ses fonctions par l'administration communale : voilà l'enseignement communal bien compromis......

Heureusement, pour certains enfants du moins, une autre école existe au village.

"••• Cette école libre établie au Coron de l'amour dès 1822 par Marie-Joséphine-Sophie Quignon, et subsistera jusqu'en 1843. Elle était fréquentée par une trentaine d'élèves qui y apprenaient: la lecture, l'écriture, le calcul et le catéchisme.

 

En 1842  l'administration communale se trouve en mesure d'acquérir l'ancien presbytère et de le transformer en école avec logement d'instituteur et en maison communale.

Le village est pauvre. Il faut vendre des terrains, réclamer les amendes et demander des subsides à la Province pour payer les 6048 frs demandé pour l'achat de ce bâtiment, mais on y arrive.

Et après que les autorités provinciales aient obligé le conseil communal à nommer un instituteur capable en remplacement de Samain, alors âgé de 69 ans, l'école communale de Sars-la -Bruyère peut prendre un nouvel essor !

C'est ainsi que Pierre-Joseph Cantiniaux, âgé de 20 ans, sortit de l'école normale de Bonne-Espérance est nommé en 1843 en lieu et place de l'ancien maître.

Par ses qualités personnelles, par l'application de ce qu'il avait pu apprendre à l'école normale, en s'appuyant sur le programme et les directives de la loi scolaire de 1842 (dite loi Nothon), le jeune instituteur permettra à l'école de Sars d'acquérir rapidement une très bonne réputation.

La loi Nothon organisait un enseignement officiel qui laissait de nouveau place à une implication du pouvoir religieux.

En voici les points principaux:

  • obligation à la commune de créer une école où adapter une école privée.

  • l'inspection de ces écoles appartient au Gouvernement et au Clergé.

  • les manuels doivent être approuvés par le Clergé et l'enseignement de la religion est obligatoire

  • l'enseignement est gratuit pour les indigents.

  • l'enseignement n'est pas obligatoire.

Cette loi, 165 ans plus tard peut paraître bien imparfaite mais il faut pas oublier la pauvreté de l'enseignement à l'époque.

Les programmes scolaires étaient laissé à la bonne volonté des maîtres et à Sars , on peut dire que l'instruction était limitée !

"••• les enfants, munis de leur croisette, répétaient en mesure et simultanément, les lettres dans leur ordre alphabétique, les combinaisons - ba, be, bi, suivaient, puis les voyelles composées et les mots.

Pas de décomposition, pas de phrases intelligibles dès le début.

De la mécanique et de la routine, telle était la méthode suivie.

Lorsqu'on savait la croisette, on recevait la civilité puis l'instruction, seuls livres en usage alors à Sars-la-Bruyère....."

(monographie de Sars-la-Bruyère - A. Gosseries - 1919 ).

 

 

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