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Gustave Buffe

L' Enfant malade
1943
A Mr et Mme Arnold Grondelaers - Hémeryckx

L'Enfant
Mère, entends-tu ? c'est l'ange qui m'appelle
Pour m'emporter avec lui dans les cieux ;
Comme un oiseau vers moi penche son aile,
Je sens sa main qui me ferme les yeux
La Mère
Veux-tu, mignonne, ainsi que l'hirondelle
Quitter le nid à ton premier essor ?
Désires-tu, réponds, ma toute belle
En t'en allant ! m'emporter mon trésor ?
Veux-tu le sort éphémère des roses,
Dont le matin touche si près le soir,
Qu'elles s'en vont, mortes à peine écloses ?
N'aurai-je pu qu'un moment t'entrevoir ?
Je n'irais plus le soir, ma douce amie,
Te raconter la Belle au Bois Dormant ;
Et, me penchant sur ta tête endormie,
Je n'irais plus t'embrasser tendrement.
Pitié, Seigneurs, les cieux ont assez d'anges ;
Si nos enfants s'en vont, qui prendra soin
De nous chanter ici-bas vos louanges ?
Laissez-les nous, la terre en a besoin.
L'Enfant
Je veux rester ici, petite mère ;
Si l'ange encor vient descendre en ce lieu,
Je lui dirai si bien une prière
Qu'il s'en ira sans moi près du bon Dieu
Gustave Buffe
Sars-la-Bruyère, 11-12 juin 1943
Ombres et Lueurs dans mon ciel poétique
Wasmes - Edition Moderne - 1955

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