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Les Familles Souches

L'église abrite le mausolée à la gloire du Haut et
Puissant Monseigneur Wolfgang Guillaume de Bournonville.
On y cite tous ses titres, dont ceux de général de
bataille aux armées de Sa Majesté, de Gouverneur de
Bruxelles, Valenciennes et Mons, et de Grand Bailly du
Hainaut par commission qui, au regret de tous les gens
de bien, finit ses jours en son château de Sars,
illustre en naissance, en valeur, en vertu singulière te
22 septembre de l'an 1684 (en chiffres romains).
L'épitaphe de sa femme suit: le 21 octobre 1688 est décédée,
Haute et Puissante Dame Marie Bonne de Harchies, Dame
héritière de Sars et Fleignies, Vicomtesse et baronne de
Barlin, sa très chère et très désolée compaigne qui a fait
ériger ce monument pour le repos des os d'un si cher mary et
des siens mêmes. Passans, priez Dieu pour eux
Autre
épitaphe, celle de Marie Cornu, morte en 1712, qui
"contribua beaucoup au rétablissement de l'Eglise".
Ce dernier
nom nous rapproche des autres ; ceux qui en sept générations
font d'un petit village un endroit où l'on ne trouve plus que
cousins et cousines .. Il y avait ainsi à Sars, autrefois, les
Kerquesse, dont le nom fut estropié par des mutations de s, de
l, de t, nom disparu et auquel de nombreux Saint-Ghislainois
pourraient sans doute se rattacher. Autres vieux noms de Sars;
les Moustier, les Picry, les Bouly (avec deux points sur l'Y
grecque, comme pour les Masy, avec une? ou deux ( « s », « z »,
«c », les Cornu et les Colman (avec ou sans « t ». Parmi les
familles éprouvées par la bataille de Sars-Malplaquet, dont la
plupart vivaient du bois, on trouve Abrassart (quatre morts dus
au conflit de 1709), Amou, Baucq, Blariaux, Bouleau, Bouly,
Bourgeois, Cailleau un mort), Caudron (deux tués), Chevalier,
Calmant (une victime), Coquelet (Idem), ainsi que Cornut, Coust,
Delaunoy et Delgrange (deux morts), Demoustier ou Dessus Le
Moustier (six morts), Denis Dufrasne, Dusart (deux morts)
Harvengt (un tué), comme Huart; Jaunet, Lavenne et Leclercq
(deux morts) ; Lion, Dion, Bionon, Nez (une victime), Querquesse
(quatre tués) (1). Recteur (un), Thoubeau, Wauquier (trois) ;
Willeman (un), et Laboureur (cinq morts).
Le curé
Bosquette a établi ce relevé des victimes, bien nombreuses pour
un village de 110 habitants alors, et soudainement plongé dans
la bêtise des Grands en lutte pour la dévolution du trône
d'Espagne, en cette sombre année 1709.
L'église,
dédiée à Saint-Jean-Baptiste, fut presqu'entièrement démolie.
Néanmoins, le sol et presque tous les murs restèrent. Il fallut
deux ans, aux charpentiers du village, pour la remettre à peu
près en état. .. Grandes voûtes en briques et symboles
témoignent de l'ère templière. Sous les combles, le curieux
découvre la marque de fabrique de la corporation des
charpentiers, ces gens qui faisaient de leurs mains un
chef-d'œuvre avec le moindre détail de travail quotidien.
Or donc,
voici en septembre 1709, que débute dans le " bois de
Sars" ce que l'histoire a retenu comme la bataille de
Malplaquet, alors qu'elle se déploya surtout sur Sars, Dour et
Blaugies.
D'un côté, Villars et Boufflers, à la tête des Français du Roi
Soleil. De l'autre, le Prince Eugène, et Marlborough, chef des
troupes impériales. Quatre-vingt mille Anglos-impériaux,
disposant de cent-quarante canons, s'opposent à nonante mille
français, forts de quatre-vingts pièces d'artillerie. Ces
troupes étaient composées de jeunes recrues, la plupart paysans
recrutés Sur place, aussi mal nourris dans l'Armée qu'ils
l'étaient chez eux.
(1)
Les
Querquesse ne sont en fait que des Hecquet, le nom ayant subi de
nombreuses modifications: Herquesse, etc

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