1940 - 1944

 

 

Si mai 1940 fut le mois de la tragédie, septembre 44 fut celui des mélodrames.

En effet, après quatre années d'occupation, les allemands, dans une cohue indescriptible, refoulaient vers l'est poussées par des forces alliées supérieur en nombre.

Ils fuyaient en désordre vers la ligne Siegfried laissant derrière eux des colonnes éparses de retardataires bien souvent dépassés par la progression rapide des engins blindés américains. Ces colonnes se firent tailler en pièces, et des combats sanglants eurent lieux un peu partout dans notre région comme à Boussu, Jemappes, Blaregnies, Sars-la-Bruyère, Goegnies-Chaussée, Havay, Ciply, Mons...

De nombreuses victimes innocentes, pour la plupart civiles, allaient payer un lourd tribu aux dieux de la guerre.

Le 3 septembre 1944, vers les 10 heures du soir, sous un clair de lune exceptionnel, une arrière-garde allemande venant d'Oradour-sur-Glane (France), atteignait Sars-la-Bruyère par le bois du Temple.

Craignant les embuscades, les Nazis en déroute prirent en otages les riverains Hoyois Fernand, Collart Fernand, Samain Gustave, Druez Gaston, Pugenger Nestor dit Rodolphe et les placèrent en avant du convoi pour leur servir de bouclier humain. Mais, un peu avant la fin de la rue de Taisnières, des blindés U.S. dissimulés près de la scierie Lassois ouvrirent un feu nourri sur la colonne.

Les malheureux otages se ruèrent à même le sol, ne sachant quels saints implorer. Gustave Samain voulant fuir par la rue de Dour fut touché par une balle meurtrière, tandis que les autres devaient leur salut dans une fuite éperdue à travers haies, orties et palissades.

Rue de Taisnières

 

Le lendemain, la bataille reprit entre les antagonistes, mais la décision resta évidemment aux forces anglo-saxonnes qui infligèrent à l'ennemi des pertes sanglantes.

 

Sur les lieux du combat, des chevaux éventrés gisaient les pattes en l'air, des restes humains déchiquetés par la mitraille tapissaient sol et façade, et des véhicules calcinés encombraient chemins et fossés.

 Près du Pont du Proutte  5.9.1944

 

 

Dans un dernier sursaut de cruauté et de dépit, quelques allemands aux aboient jetèrent des grenades à la rue des Communes et de Taisnières, tuant les malheureux René Mercier et Arthur Tahon sur le seuil de la maison de ce dernier.

Une autre colonne nazie qui se dirigeait vers Goegnies-Chaussée, avait pris en otage Omer Van Der Muynsbrugge et Emile (dit Arthur) Finet de la rue de la Chaussée, on ne retrouvera jamais leur corps. D'autres Sarois devaient payer de leur vie une libération bien tumultueuse.     

 Beaucoup de soldats allemands tués à Sars durant les 3 et4 septembre, furent enterrés dans une fosse commune près de la Ferme Delhaize.

Canon au coin de la rue du Bois et rue de Taisnières

rue de Taisnières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La liste des victimes de la guerre 1940-1944 figure sur le Monument aux Morts, sis sur la Grand-Place.

sources : Des Gens, Des lieux et Sars-la-Bruyère - GW Mahieu

Photos : Patrick Carniaux, Eric Ghislain, Jean-Pierre L

 

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