Le Donjon et le Chanoine Puissant

Nous savons en effet, grâce à divers documents que nous commenterons au fur et à mesure, que le Chanoine Puissant a acquis le donjon de Sars-La-Bruyère et la ferme attenante peu avant la première Guerre Mondiale, et qu'il a effectué là divers travaux. Nous disposons de documents de différents types à ce sujet: sources directes et indirectes, textes, dessins et photographies, que nous allons passer en revue.

Mais avant cela, arrêtons-nous un instant sur la personne  du Chanoine Puissant et sur le parcours de sa vie, afin de mieux cerner son intervention sur le donjon de Sars-La-Bruyère.

Texte extrait des Annales du Cercle Archéologique de Mons:  compte-rendu de la séance du 6 mai (4)

" Excursion du Cercle archéologique à Sars-La-Bruyère sur l'invitation de son président M. l'abbé E. Puissant.

Dans la cour de la ferme, à l'ombre de magnifiques noyers, des chaises ont été disposées sur lesquelles les visiteurs prennent place, face à la vieille tour carrée que M. Puissant a complètement dégagée des bâtiments industriels et des annexes parasites qui en cachaient la forme massive et imposante. En quelques mots, notre aimable amphitryon nous fait l'historique de ce curieux donjon du XIIème s.

Il nous dit aussi en termes émus comment ses efforts de restauration faillirent être réduits à néant par la survenance de l'invasion allemande, qui si elle ne respecta point les objets mobiliers et les collections qui se trouvaient déjà dans les bâtiments, ne put cependant nuire aux puissantes constructions du vieux château.

... l'intérieur du formidable donjon, aux murailles à ce point épaisses qu'un escalier et un puits [en réalité la latrine] sont pratiqués en leur centre même. Complètement bouleversée par les aménagements d'une brasserie, la tour a dû être reconstituée dans son état primitif et il a fallu le flair, la patience et la faculté d'adaptation de M. Puissant pour arriver au résultat atteint.

Du haut du donjon, dont la plate-forme a été aménagée en terrasse, M. Cantiniaux nous fait l'historique de la bataille de Malplaquet... ".

Ce document nous fournit une série d'informations très importantes. Nous apprenons ainsi que le Chanoine Puissant a voulu reconstituer l'état primitif de ce donjon, qu'il disait dater du XIIème siècle et qui avait subi d'importants dégâts lors de son aménagement en brasserie. Nous savons aussi que le bâtiment n'a aucunement souffert de la Guerre 14-18.

A ce sujet, d'ailleurs, nous avons trouvé une attestation manuscrite datée du 24 novembre 1914 et signée de la main du Lieutenant Eggers (5).

N.B.: nous retranscrivons ici le texte tel quel, avec ses fautes d'orthographe et de français.

"Attention! Le propriétaire de ce domaine, Mr le curé Puissant, un collectionneur d'antiquités a, au prix de grand dévouement, de longues années, de travail et de beaucoup de frais, constitué ici une remarquable collections et ainsi a reconstitué ici un édifice de valeur historique pour l'humanité.

Il est convenable que nous soldats et civils allemands, nous épargnions cette œuvre importante aux yeux d'un chacun. Si quelqu'un souhaitait de plus amples explications le soussigné se prêtera à les donner en toute occurrence."

Article de novembre 1915 intitulé "Le donjon de Sars-La-Bruyère" (6)

",.. L'édifice est légèrement pyramidal et couronné, actuellement, par une terrasse d'où la vue embrasse un vaste panorama boisé. Primitivement, la terrasse était couverte de feuilles de plomb ou formait un étage sous une charpente à quatre pans. La porte d'entrée, en plein cintre, s'ouvrait à 2m du sol; une échelle volante permettait d'y accéder.

Au-dessus de la porte d'entrée, une baie quadrangulaire dissimulait un plan incliné ou glacis formé de dalles en grès. De grosses pierres emmagasinées à l'étage supérieur glissaient sur ce talus et permettaient ainsi d'empêcher l'approche de la porte d'entrée.

... La défense du donjon était complétée à l'origine par une palissade et un large fossé enserrant un terre-plein de 150m environ de long sur 70m de large. Un petit bâtiment, de plan barlong, édifié à l'intérieur du fossé sur un des longs côtés du rectangle, servait de châtelet d'entrée ou de corps de garde. C'est de l'intérieur de cette construction, dont les murs servent de base à la conciergerie actuelle, que se manœuvrait le pont-levis par lequel on traversait le fossé pour entrer dans la petite forteresse ou en sortir".

 Cet article, sans doute rédigé à partir d'explications fournies à l'époque par le Chanoine Puissant, présente le donjon sous sa facette "militaire".

 

D'autre part, il est fait mention d'une palissade enserrant l'île et d'un petit châtelet d'entrée. Nous avions déjà émis cette hypothèse plus haut en suggérant que l'ensemble ait servi de "forteresse" accueillant les villageois lorsqu'un danger se présentait.

Il est très possible que plusieurs palissades se soient succédé sur le site, d'abord en matériaux périssables, puis en brique, et qu'une partie de ces murs aient été repris dans la conciergerie actuelle.

 

Notice de Jean Piérard sur Sars-la-Bruyère et son donjon roman (7)

Cette notice retrace l'historique des divers propriétaires du donjon du XIIIème au XXème siècle. L'auteur mentionne le rachat de la brasserie Dufrasnes, au début de 1914, par le Chanoine Puissant et en commente brièvement la restauration:

 " Il remit à jour une partie des créneaux et du chemin de ronde, creusa le fossé autour du château qui avait été presque totalement comblé et répara la herse et le pont-levis. ... Dans la cour, près du porche d'entrée monumental du château, il fit placer deux vieilles colonnes surmontées de deux statuettes qui représente Sainte Barbe et Sainte Philomène qu'il avait ramenées du manoir d'Herchies".

 Nous verrons, en recoupant ces informations avec d'autres, que la plupart des transformations citées ici se vérifient, alors que la mention de "créneaux' et d'un "chemin de ronde" soulèvent l'interrogation. En effet, nous ne conservons actuellement aucune trace de ces éléments, et aucun autre document n'en parle. Nous essayerons d'en savoir plus au fil de cette étude.

Notons également que l'appellation "château" nous semble un peu pompeuse pour un ensemble de bâtiments qui fut la propriété d'une noblesse de second rang pendant plusieurs siècles.

Dans la suite de son article, l'auteur dit "reproduire le rapport que fit le Chanoine Puissant, en 1915, peu de temps après avoir racheté le château". Nous ne connaissons malheureusement pas la provenance de ce rapport, car l'auteur ne le mentionne pas dans sa bibliographie. Cette source n'est donc pas sûre, mais nous reproduisons néanmoins le document car c'est le seul qui soit, peut-être, de la main du Chanoine.

" Il existe à Sars-La-Bruyère, à proximité d'une charmante église du XVIème siècle, de la chaussée romaine de Bavai à Tongres, du champ de bataille de Malplaquet, ... un ensemble de constructions offrant un réel intérêt au point de vue de l'histoire militaire, sociale et architecturale: les restes d'un château féodal. Les seigneurs de Sars occupaient une fonction héréditaire à la cour comtale du Hainaut. Le vestige le plus important de leur résidence consiste en un donjon du XIIème ou du XIIIème siècle; un rectangle considérable de fossés enserre de vieux bâtiments pittoresques dans leur délabrement. Jusqu'en 1913, une ferme-brasserie utilisait toutes ces constructions auxquelles on accède par une porte et un pont non dépourvus d'intérêt.

 

Le donjon est bâtis sur un plan carré en moellons, ses murs épais en talus sont percés de rares fenêtres dans l'embrasement intérieur desquelles des sièges de pierre étaient aménagés et existent encore. Dans l'épaisseur du mur se trouve l'escalier en belles marches simplement épannelées en grès du pays;

... De gros corbeaux de pierre indiquent encore la distribution en deux étages, des poutres supportant les planchers. Une belle voûte à nervures du XVème ou du XVIème siècle a remplacé les séparations entre le rez de chaussée et l'étage. Celui-ci n'est plus qu'un encavement en brique surmonté d'une charpente et d'un toit moderne en pannes rouges. La porte d'entrée du donjon, très ancienne, est posée dans les débris d'un cadre de pierres bien moulurées.

 

Malheureusement, l'aspect intéressant de ce donjon assez semblable à la tour de Burbant à Ath, est défiguré, par l'adjonction de hangars en appentis et par le voisinage de la cheminée de la brasserie installée dans le donjon. Tel quel, ce vénérable souvenir mérite d'être conservé. A défaut d'un propriétaire qui déblaierait et dégagerait le donjon et les restes de la basse-cour du château, il est à souhaiter que l'Etat ne se désintéresse pas de cet ensemble et que les organismes institués pour la sauvegarde de notre patrimoine artistique et pittoresque interviennent par tous moyens".

 

Ce document nous apprend donc, et cela sera confirmé plus loin par l'analyse de photographies anciennes, que le donjon était couronné d'une charpente et d'une toiture modernes, et qu'il était accolé de plusieurs annexes servant à la brasserie, installée là de 1832 à 1913.

Par contre, il y a une erreur de date car c'est en 1913 que le Chanoine rachète le donjon, et en 1915, les travaux de restauration sont déjà terminés. Ceci met d'autant plus en cause l'authenticité de ce "rapport".

 

 

Photographies anciennes et croquis issus du fond d'archives du Chanoine Puissant

v ill.51: Photo Noir/Blanc-17,9/12,5cm - non datée.

 Vue du porche d'entrée depuis l'intérieur de la cour.

Au-dessus de la porte cochère se placent deux baies rectangulaires, dont une a été rebouchée. Au-dessus se loge une autre baie, à moitié dans la toiture. A droite, nous apercevons un corps de logis en brique chaulée, percé de deux petites baies à croisée et de deux lucarnes en toiture.

Cette photographie date très certainement de l'époque où la brasserie occupait encore les lieux; nous voyons d'ailleurs une série de tonneaux sur la charrette de gauche.

 

v ill.52: Reproduction bleue sur papier avec annotations au crayon - 15,8/10cm ­non datée.

Agrandissement de la photographie précédente, qui comporte ici des annotations au crayon. Il s'agit probablement d'un projet de transformation élaboré par le Chanoine.

Sur la gauche, il ajoute une annexe dont le toit descend à hauteur de la porte cochère, et perce de deux fenêtres le mur donnant dans la cour intérieure. Il allonge également les ouvertures du logis de droite.  Au niveau du porche d'entrée, il prévoit de rouvrir les deux baies supérieures et place, au-dessus de la porte, un linteau triangulaire, fort semblable à ceux qui ornent les temples grecs.

v ill.53: Photo Noir/Blanc - 17,8/12,3cm - non datée.

 

Vue de la face Sud du donjon. Nous apercevons une couverture en tuiles, toiture moderne dont nous avons eu vent plus haut. Une cheminée en brique émerge de la toiture, côté Ouest. Plus bas, sur cette face, se trouve une annexe bâtie en briques, abritant certainement des locaux de la brasserie. Ce sont les hangars en appentis dont parlait le Chanoine.

 

D'autre part, la face Sud présente quatre baies, alors qu'aujourd'hui, il n'yen a qu'une seule, au niveau du rez. La façade Est est également dotée d'une adjonction en brique, percée d'une fenêtre vers le Sud. Tout le parement du sommet du donjon est refait en briques, sur une hauteur assez importante. La brique envahit même une bonne partie de la face Sud. Malheureusement, la végétation à l'avant-plan cache le bas de la façade et nous empêche de cerner tous les détails.

 

Nous sommes donc certains que le Chanoine Puissant n'est pas responsable de cette défiguration de la tour par la brique. La mise en œuvre de la brique remonte peut-être au XIXème siècle, au moment de la construction des hangars jouxtant la tour, c'est à dire lors de l'installation de la brasserie, en 1832. Il est également possible que cette réparation date du XVIIIème siècle, et fasse suite à la destruction de l'étage sommital de la tour pendant la bataille de Malplaquet. Mais ce n'est qu'une hypothèse.

 

A l'avant plan de la photographie, nous voyons une haute tour en brique, sans doute une cheminée servant à la brasserie. Celle-ci existe encore, mais a été fortement réduite et est aujourd'hui couronnée d'un petit toit conique.

 

 

v ill.54: Photo Noir/Blanc – 12 /9cm - non datée.

 

Vue de la façade Ouest du donjon. Cette photographie illustre les travaux de dégagement, puisque le haut de l'annexe en brique n'apparaît plus. Il ne reste que le bas, à ciel ouvert, qui n'est plus recouvert que par deux poutres.

Cela se marque aussi sur la façade de la tour par une différence de couleur dans le parement. Le parement extérieur comporte déjà une partie en brique s'étendant sur toute la hauteur, au centre. Nous distinguons d'autre part la zone supérieure en brique, percée d'une ouverture grillagée à l'extrême droite. La toiture a été supprimée, ainsi que la cheminée. A la place de la haute tour se trouve la tourelle chapeautée d'une toiture conique, portée par des corbeaux.

 

 

v ill.55: Photo Noir/Blanc - 18/13cm - non datée.

 Vue de la face Sud. Les travaux se poursuivent... Une bonne partie des végétaux ancrés dans le mur ont été arrachés, la fenêtre du premier étage, ainsi que celle de droite du rez ont été murées. Nous sommes presque sûrs à présent que la fenêtre de gauche a conservé son emplacement même si quelques réfections ont sans doute eu lieu. Quatre meurtrières ont par ailleurs été aménagées, en suivant le tracé de l'escalier intra mural. Vers l'Ouest, nous distinguons les restes du mur en brique.

 

 

v ill.56: Photo Noir/Blanc collée sur carton - 11,5/8,7cm - non datée.

 Vue de la face Est. Il semble que cette photographie signe la fin des travaux de restauration du donjon. A l'avant plan, en effet, se placent le Chanoine Puissant et d'autres personnes.

Derrière le groupe, nous apercevons la porte ouvrant sur le raz surélevé, et précédée d'un escalier en bois de sept marches. La façade présente des différences de coloration, marquant l'emplacement de l'ancienne adjonction en brique. De celle-ci semble être conservé, à l'avant-plan, un portique de trois arcs, dont la partie haute est peinte en blanc. On aperçoit également la tourelle dont nous avons déjà parlé.

Concernant la baie du premier étage, nous voyons ici qu'elle est de petite dimension, et sommes donc sûrs qu'elle a subi des transformations postérieures à celles du Chanoine Puissant.

 

 

v ill.57: Photo Noir/Blanc - 11,2/6,2cm - non datée.

 Photographie datant de la fin des travaux également et où nous apercevons une annexe en brique, accolée au porche d'entrée. Cette construction du Chanoine fait suite au projet élaboré au crayon sur une des anciennes photographies.

 

 

 

v ill.58: Dessin au crayon sur épais papier jaune - 9/14cm - non daté.

 Vue de l'angle Sud-est du donjon. La porte d'entrée, à l'Est, est précédée d'un escalier, et est entourée, d'une meurtrière à gauche, d'une baie à droite et d'une baie au-dessus. Ces éléments reflètent l'état primitif hypothétique du donjon, tel qu'a voulu le restituer le Chanoine.

Pour ce qui est de la toiture, le projet n'a pas été réalisé. Il s'agissait d'une toiture à quatre pans, percée de trois lucarnes côté Est, et couronnée d'une petite tour carrée, elle-même surmontée d'un clocheton.

 

 

 

v ill.59: Dessin au crayon sur papier - 15,6/20cm - non daté.

 Même angle de vue. Il s'agit également d'une restitution de l'état primitif du donjon, mais la couverture est différente. Nous voyons ici un étage de hourds, supportés par des corbeaux, surmonté d'une toiture à quatre pans débordante.

L'idée du hourd provient-elle de traces découvertes sur le donjon, ou d'une conception générale du donjon que pouvait se faire le Chanoine? Le dessin comporte une annotation dans le bas à gauche: "B.P. 1 aquarel à Sart à quand ?".

 

v ill.60: Dessin au crayon sur épais papier jaune – 14/9cm - non daté.

 Illustre les mêmes éléments qu'une photographie que nous avons observée plus haut (ill.56), excepté la toiture et la partie hourdée. Nous ne voyons celle-ci sur aucune photo.

Selon R. Mahieu (1), Le Donjon aurait perdu un étage lors de la bataille de Malplaquet. Le chanoine Puissant le reconstitua par une ossature en bois qui brûla peu de temps après. (M. R. Mahieu ne cite pas ses sources ? )

 

Récapitulation des transformations effectuées par le Chanoine

 Façade Sud:

Le Chanoine n'a pas touché au parement, les briques étant déjà là à l'époque de la brasserie.

 Il a, par contre, bouché deux fenêtres du premier étage avec des briques, puisqu'elles se trouvaient dans une zone de brique. Il a aussi bouché la fenêtre au rez à droite à l'aide de pierres en laissant une fente pour une meurtrière.

Enfin, il a percé trois autres meurtrières en suivant le parcours de l'escalier.

 Façade Ouest:

 La toiture, de même que la cheminée en brique ont été supprimées provoquant par la suite des infiltrations d'eau dans les murs et la dégradation rapide des parements.

Le parement en brique étant visible sur les photos d'avant les transformations, il n'en est pas l'auteur.

De même que les briques placées dans l'angle Sud-ouest, étaient là bien avant lui.

Il s'est juste contenté d'éliminer les constructions de la brasserie qui jouxtaient le donjon.

 Façade Est:

Le Chanoine a dégagé cette face de l'annexe qui la couvrait, mais a conservé le portique de trois arcs qui en constituait l'entrée. Il a également placé un escalier en bois pour atteindre la porte du rez.

 Façade Nord:

Aucune photographie, ni aucun document ne signale de transformations sur ce côté du bâtiment. Peut-être la gouttière visible sur la photo de l'I.R.P.A de 1942, est-elle une installation du Chanoine?

 
 

(1) Raymond G.W. Mahieu ; Des lieux, des Gens et Sars-la-Bruyère (1982)

(4) Annales du Cercle Archéologique de Mons, tome XLIV, Mons, 1919, p.21-23.

(5) Fond d'archives Chanoine Puissant, bibliothèque centrale de l'Université de l'Etat à Mons, Ms.1645.

(6) Le donjon de Sars-La-Bruyère, dans Les Nouvelles de la région de Mons, 5 au 12 nov. 1915, n°1.

(7) J.PIERARD, Sars-La-Bruyère et son donjon roman, dans Hainaut Tourisme, n°203, 1980, p.199-202

Mémoire de Muriel GHYS  1996-1997 - Mémoire de D.E.S.S, en histoire de l'art/ gestion du patrimoine, UCL, (inédit),

Photographie du Fond d'Archives Chanoine Puissant.

 

 

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