Les Origines

 

 

 

838 hectares de bois et taillis, des prés, et le reste conquis sur la forêt : ainsi se présente Sars-la-Bruyère, petit village irrigué par quelques rus qui gagnent Taisnières et la France proche, par les bois. D'autres se jettent vers la Haine.

On dit qu'un pauvre ermite vivait jadis au lieu appelé depuis " Bois de l'ermite."

Dépassé par l'ampleur de sa tâche de défrichage, il pria la Vierge de lui venir en aide. A cette invocation, un orage violent s'abattit, et le ciel embrasé communiqua son feu à la forêt. L'incendie nettoya en un rien de temps ce que le brave homme n'aurait pu jamais réaliser. Au comble du bonheur, il dédia à la Vierge un petit oratoire au pied d'une fontaine dite, elle aussi, miraculeuse.

L'endroit essarté par le feu allait servir de noyau à un petit village: Sars-la-Bruyère, d'où viennent de nombreuses familles de chez nous.

Bien longtemps avant la naissance de la localité, l'homme avait découvert le moyen de conquérir des terres sur la forêt en la brûlant. Le «Champ des Sars», et tous les « Sars." du pays trouvent leur origine dans cette manière de faire. La cendre produite par ignition, engrais naturel, fertilise le sol pour de nombreuses années, avec nécessité d'entretien, sous peine de retour rapide à l'état de lande sauvage. La mise à feu ne pouvait avoir lieu qu'en mars, en vertu d'une législation que beaucoup, y compris les moines, contournaient pour conquérir des clairières de plus en plus grandes

 

Sars vient du latin Sartum qui désigne l'endroit défriché ou sarclé, c'est à dire ouvert à l'agriculture.

Sars-la-Bruyère, en tant que tel est déjà mentionné dans une bulle du pape Lucius III, datée du 25 octobre 1185, confirmant les possessions du Chapitre de Sainte Waudru mais le village est bien ancien encore. La preuve tangible en est les vestiges de la chaussée romaine Bavay-Utrecht mais aussi les nombreuses traces de constructions gallo-romaines qui apparaissent sur les photographies aériennes. On a retrouvé là des tombes franques et des tuiles romaines.

Ce n'est qu'à la révolution française que Sars-Notre-Dame devint Sars-la-Bruyère du nom que portait une ancienne ferme sise sur son territoire.

Sars fut, très tôt, la proie des congrégations se disputant l'influence spirituelle (y compris sur les arbres). Un «bois du Temple» rappelle qu'une partie du village dépendait de la Commanderie de l'ordre de Saint Jean, de Jérusalem (dite du Piéton). Les possessions de cet ordre sur Sars s'étendaient à la seigneurie du Fliegmet.(1)

(1) Les Chevaliers de Saint Jean, devenus les Chevaliers de Rhodes plus connus sous le nom des Chevaliers de l'Ordre de Malte, remplacèrent les Templiers en 1312. Ils possédaient alors les terres du Temple et de Fleignies et la commanderie ainsi créée prit le nom de "Fliémet".

 

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