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Les Origines

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hectares de bois et taillis, des prés, et le reste conquis sur
la forêt : ainsi se présente Sars-la-Bruyère, petit village
irrigué par quelques rus qui gagnent Taisnières et la France
proche, par les bois. D'autres se jettent vers la Haine.
On dit
qu'un pauvre ermite vivait jadis au lieu appelé depuis "
Bois de l'ermite."
Dépassé par
l'ampleur de sa tâche de défrichage, il pria la Vierge de lui
venir en aide. A cette invocation, un orage violent s'abattit,
et le ciel embrasé communiqua son feu à la forêt. L'incendie
nettoya en un rien de temps ce que le brave homme n'aurait pu
jamais réaliser. Au comble du bonheur, il dédia à la Vierge un
petit oratoire au pied d'une fontaine dite, elle aussi,
miraculeuse.
L'endroit
essarté par le feu allait servir de noyau à un petit village:
Sars-la-Bruyère, d'où viennent de nombreuses familles de chez
nous.
Bien
longtemps avant la naissance de la localité, l'homme avait
découvert le moyen de conquérir des terres sur la forêt en la
brûlant. Le «Champ des Sars», et tous les « Sars." du pays
trouvent leur origine dans cette manière de faire. La cendre
produite par ignition, engrais naturel, fertilise le sol pour de
nombreuses années, avec nécessité d'entretien, sous peine de
retour rapide à l'état de lande sauvage. La mise à feu ne
pouvait avoir lieu qu'en mars, en vertu d'une législation que
beaucoup, y compris les moines, contournaient pour conquérir des
clairières de plus en plus grandes
Sars vient
du latin Sartum qui désigne l'endroit défriché ou sarclé, c'est à dire ouvert à
l'agriculture.
Sars-la-Bruyère, en tant que tel est déjà mentionné dans une bulle du pape
Lucius III, datée du 25 octobre 1185, confirmant les possessions du Chapitre de
Sainte Waudru mais le village est bien ancien encore. La preuve tangible en est
les vestiges de la chaussée romaine Bavay-Utrecht mais aussi les nombreuses
traces de constructions gallo-romaines qui apparaissent sur les photographies
aériennes.
On a retrouvé là des tombes franques et des
tuiles romaines.
Ce n'est
qu'à la révolution française que Sars-Notre-Dame devint Sars-la-Bruyère du nom
que portait une ancienne ferme sise sur son territoire.
Sars fut, très tôt, la proie des congrégations se disputant l'influence
spirituelle (y compris sur les arbres). Un «bois du Temple» rappelle qu'une
partie du village dépendait de la Commanderie de l'ordre de Saint Jean, de
Jérusalem (dite du Piéton). Les possessions de cet ordre sur Sars s'étendaient à
la seigneurie du Fliegmet.(1)

(1)
Les Chevaliers de Saint Jean, devenus les Chevaliers de Rhodes plus
connus sous le nom des Chevaliers de l'Ordre de Malte, remplacèrent les
Templiers en 1312. Ils possédaient alors les terres du Temple et de
Fleignies et la commanderie ainsi créée prit le nom de "Fliémet".
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