Sars au XVIIème siècle

Albums de Croÿ - Tome VI, p. 231.

Le Villaige de Sars au XVIIème siècle                     SARS-LA-BRUYÈRE

 

En cartouche "Le villaige de Sart 1599", surmonté des armoiries : d’or à la bande de gueules chargée de trois lions rampant du champ.  Vue prise du sud-est

 

L’écu porte les armes des Sars. Le scel échevinal, qui portait de même, fut détruit en 1572 lors des troubles provoqués par le passage de Louis de Nassau et du duc d’Albe, et renouvelé en 1579.

 

Un vaste premier plan met en évidence une grosse ferme, l’église et le château, trois éléments essentiels du paysage et pointes d’un triangle constituant le village, au plan moyen, dont les toits de chaume sont dispersés parmi les frondaisons.

 

Le premier plan comporte un chemin creux où progressent un cavalier de noir vêtu suivi de piétons habillés de même ; de ce chemin, se détache un sentier sinueux qui franchit la baille ou barrière (limite de seigneurie ?) après avoir traversé une vaste prairie où paît du bétail.

 

La grosse ferme est édifiée en colombage, torchis et chaume ; l’église en pierre et ardoise; le château en briques et ardoise. Ces édifices constituent ainsi des illustrations exemplaires des trois catégories architecturales diversifiées par les matériaux de construction.

 

L’église dédiée à saint Jean-Baptiste a un clocher carré à abat-son et une flèche moyenne à lucarnes; la nef, le transept saillant en abside hexagonale et le chœur sont de même hauteur.

Cette église fut détruite en 1709 (bataille de Malplaquet) et reconstruite en 1715, sur les anciennes fondations ; le transept ou chapelle hexagonale fut conservé quant à ses plans, assise et aspect général, au XVIIIe siècle.

 

En 1599, le château seigneurial est moderne. Il fut construit au XVIe siècle : murs de briques percés de nombreuses baies rectangulaires à croisées fixes de pierre blanche ; toits d’ardoise à hauts versants, lucarnes de toitures et pignons à redents ; chaînage d’angles de pierre blanche.

 

L’ensemble a belle allure et loin du château-fort avec donjon de pierre du Moyen-âge (situé d’ailleurs non loin) ; il s'agit d’un édifice de la Renaissance locale.

A la fin du XVIe début XVIIe siècle, c’est-à-dire lorsque cette gouache fut peinte, le château était occupé par Charles de Harchies et sa femme, Marie de Longueval. À l’arrière, une toiture à croupe est surmontée d'une croix : c'est la chapelle castrale.

 

 Sars constituait un fief tenu du comte de Hainaut; le chapitre de Sainte-Waudru y avait une seigneurie de même que la Commanderie du Piéton de Saint-Jean de Jérusalem qui y possédait la haute justice, percevait la dîme et choisissait le curé. Trente arrière-fiefs relevaient de la seigneurie de Sars.

 

Sars, situé sur la chaussée romaine de Bavay à Utrecht, a fourni aux fouilleurs des objets gallo-romains et francs ; les défrichements y ont commencé au XIe siècle.

 

Au XVIe siècle, la population était moyennement nombreuse : 78 cheminées y sont recensées en 1553 ; 35 feux, 38 cheminées et une maison en 1540.

 

Ce village de la Prévôté de Mons fait à présent partit de l'arrondissement de Mons et du canton de Pâturages.

 

 

 

Christiane Piérard

 

Docteur en Histoire, conservateur honoraire de la Bibliothèque de l’Université de Mons.

Tome VI – Comté de Hainaut III, pp. 230 et 231 :

 

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