De Jules César à l'Indépendance

Les chaussées furent construites peu de temps après la conquête de nos régions par Jules César (51 av JC) à des fins d'abord militaires: elles permettaient aux légions et aux courriers officiels de rejoindre ce qui constituera le « limes » (frontière) de l'Empire romain durant plusieurs siècles.

Dans notre région, passaient trois autres chaussées romaines :

Ø  La principale reliait Bavay à Cologne via Tongres et Maastricht

Ø  Une autre reliait Bavay à la Flandre (Gand)

Ø  Une dernière enfin joignait Bavay à Boulogne via Tournai.

L'actuelle Chaussée Brunehaut qui traverse Sars du S-O ou N-E est une voie romaine de première importance reliant Bavay à Utrecht (Pays-Bas actuels).

Cette chaussée était une des 8 chaussées romaines qui portaient de Bavay (Bagacum), chef-lieu de la Cité (civitas) des Nerviens.

Pour Sars, il est facile de suivre depuis Bavay cette chaussée (actuelle Chaussée du Bois en France) : elle entre en Belgique par la Noire Bouteille - le Coucou où elle devient la Chaussée Brunehaut.

Elle longe le Bois du Temple (à quelques distances, évitant le creux du Ruisseau du Temple ... ) et rejoint la N544 sur quelques centaines de mètres, à hauteur du lieu-dit Le Rambour. Elle passe ensuite devant la Ferme du Coury, et continue tout droit en passant devant la Ferme du Moulin de Sars. Elle épouse ensuite pour quelque temps le tracé de l'actuelle Route de Bavay (N543), ou niveau de la Ferme de la Bruyère.

Elle quitte alors le territoire de Sars pour filer vers le N-E en passant par Genly, Noirchain, Hyon, Mesvin, Ciply, Nimy, Maisières, Masnuy-St-Pierre, Neufvilles, Louvignies, Chaussée-Notre-Dame.

Elles furent également et rapidement un vecteur important de circulation des produits et des personnes, et donc du commerce et des idées. Remarquablement édifiées, avec des assises solides, elles furent le plus souvent tracées en ligne droite mais elles évitaient aussi intelligemment et dans la mesure du possible les endroits trop humides ou instables

Il est évident que le peuplement gallo-romain et du haut moyen âge s'est ancré auprès de pareilles voies de communication.

De nombreuses traces de la présence romaine ont été retrouvées à proximité de cette chaussée, et notamment, dans la Cour du Donjon, par le Chanoine Puissant.

Jusqu'au XVIIIe siècle au moins, ces chaussées romaines constituèrent l'ossature principale du réseau routier dans nos provinces.

Du Moyen Age à nos jours: Saint Empire Romain de la Nation germanique. Comté de Hainaut. Prévôté de Mons

Après l'Empire Romain, Sars se retrouva dans le Royaume franc jusqu'à l'empire carolingien de Charlemagne.

La localité faisait partie d'un « pagus» du Hainaut (dont le nom est à rapprocher de celui de la Haine), héritier partiel de la Civitas des Nervlens (époques gauloise puis romaine), civitas dont les frontières ont longtemps (1559) correspondu aux limites du diocèse de Cambrai.

Suite au Traité de Verdun en 843, le Hainaut se retrouva dans la Francie médiane de Lothaire (future Lotharingie), et ensuite dans le Saint Empire de la Nation Germanique.

Il devint comté entre 900 et 1000

Bien que très proche géographiquement et culturellement de la France, le Comte de Hainaut avait donc comme suzerain l'Empereur germanique.

La frontière avec le royaume de France durant le Moyen Age allait d'Anvers à la Provence.

Dans nos régions, Maubeuge, Avesnes , Le Quesnoy ou Maroilles dépendaient comme Mons du comte de Hainaut et donc de l'Empire, tandis que Lille ou Valenciennes avaient le Roi de France comme suzerain ... Le Comté de Hainaut était organisé en 15 circonscriptions, prévôtés ou bailliages. Et au sein de ce Comté, c'est la prévôté de Mons qui occupait la position centrale.

Sars dépendait de cette prévôté de Mons.

Cela dura durant tout le Moyen Age et les Temps modernes où le comté de Hainaut fit partie successivement des Etats bourguignons et des possessions des Habsbourgs, Espagnols d'abord, Autrichiens ensuite.

Ce fut ensuite l'incorporation à la France 1794-1815 (1), comme « Département de Jemmapes », la domination hollandaise (1815-1830) et l'accession à l'indépendance de la Belgique depuis 1830.

 

(1) La chute de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1815.

Document rédigé à l'occasion des Journées du Patrimoine - 8 et 9 septembre 2007 pour le (Projet privé du  Donjon de Sars-la-Bruyère) Pierre Libioulle / Véronique Braquenier 

 

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